Lors du débat d’orientations budgétaires 2026, j’ai volontairement adopté un ton posé. J’ai travaillé à partir des documents budgétaires, j’ai posé des questions précises, et je me suis tenu aux chiffres. Ces questions n’ont pas reçu de réponse.
Le Rapport d’orientations budgétaires présente une situation financière qui, à première lecture, peut sembler maîtrisée. Il est notamment mis en avant l’absence d’emprunt d’équilibre en 2025 et une dette contenue. Pris isolément, ces éléments peuvent paraître rassurants. Mais ils doivent être analysés à la lumière des choix d’investissement réellement opérés sur le mandat.
Il est en effet relativement simple d’afficher un bon résultat sur un exercice donné lorsque certains investissements prévus sont repoussés. Le ROB 2026 fait apparaître le report d’environ 2,2 millions d’euros d’opérations, notamment liées à des acquisitions foncières pourtant inscrites dans la programmation pluriannuelle. Ces dépenses n’ont pas disparu, elles ont été différées. Ce décalage permet mécaniquement d’améliorer un exercice budgétaire, mais il transfère la charge sur les suivants.
Dans le même temps, le même document prévoit désormais un recours à l’emprunt d’équilibre à hauteur d’environ 5 millions d’euros en 2026. En soi, l’emprunt n’est pas un problème lorsqu’il finance des investissements utiles et structurants. Ce qui interroge davantage, c’est la trajectoire suivie : une année sans emprunt, puis une année fortement endettée, non pas en raison d’un projet nouveau clairement identifié, mais parce que des investissements ont été repoussés puis réintégrés.
Cette mécanique doit aussi être rapprochée de la programmation pluriannuelle d’investissement présentée en début de mandat. La PPI 2020–2026 était annoncée, en 2022, à hauteur d’environ 75 millions d’euros. À la lecture des réalisations effectives et des projections jusqu’à la fin du mandat, il apparaît que le montant réellement investi sera nettement inférieur, vraisemblablement en dessous de 60 millions d’euros. L’écart est significatif. Il ne peut pas être expliqué uniquement par le contexte national ou les crises successives. Il traduit aussi des choix, ou parfois des renoncements.
Certains projets structurants inscrits à la PPI ont par ailleurs été repoussés sans calendrier clair. C’est le cas, par exemple, de la restructuration du parking prévue dans la programmation initiale, qui semble aujourd’hui renvoyée à une échéance indéterminée. Là encore, il ne s’agit pas d’une annulation assumée, mais d’un glissement progressif, sans explication précise.
Présenter une situation financière comme vertueuse en diminuant ou en différant l’investissement pose question. Une commune ne se gère pas uniquement à travers des ratios de dette ou d’épargne. L’investissement public est ce qui permet de préparer l’avenir, d’adapter les équipements, de répondre aux besoins des habitants et d’anticiper les évolutions à venir. Réduire l’investissement pour afficher de bons indicateurs à court terme peut donner l’illusion d’une bonne gestion, mais cela fragilise la ville sur le moyen et le long terme.
Les questions posées lors de ce débat étaient simples et factuelles. Elles portaient sur la cohérence entre la PPI annoncée, les investissements réellement réalisés et les choix budgétaires opérés en fin de mandat. Elles n’ont pas trouvé de réponse. C’est regrettable, car ces sujets engagent directement l’avenir de Colomiers et méritent un débat clair, transparent et assumé.
Article de Thomas Lamy, élu de Colomiers, citoyen engagé pour sa ville.